Favier, Jeanne-Magdeleine (1863 - 1904)

Portrait de Marie-Louise Cognacq, née Jay

Exposé en salle

Date : En 1903
Dimensions : H. 131 x l. 97 cm
Numéro d’inventaire : 1988.6
Signature : Signé en haut, à gauche : "Jeanne Favier, 1903"
Date : Daté en haut, à gauche : "Jeanne Favier, 1903"

Marie-Louise Jay, née à Samoëns en Haute Savoie, en 1938, fille d’un maçon et d’une paysanne, avait dû très jeune participer aux travaux de la ferme. Venue à quinze ans se placer à Paris, elle était au moment de son mariage avec Ernest Cognacq, en 1872, première vendeuse au rayon de confection du Bon Marché. Travailleurs acharnés, les deux époux unirent leurs efforts pour donner un rapide essor à l’empire commercial de La Samaritaine. Si les époux dirigeaient leurs magasins avec une rigueur paternaliste, ils fondèrent en 1916, plusieurs œuvres philanthropiques : maternité, orphelinat, maison de retraite. Ils commencèrent également à réunir un ensemble d’œuvres du XVIIIe siècle, origine de la collection du musée.

Vêtue dans une robe de soie noire, traduisant à la fois une élégance et une certaine austérité morale, Madame Cognacq est représentée assise sur un fauteuil le regard dirigé vers l’observateur. Les réussites des entreprises commerciales et philanthropiques étayaient l’ambition du couple d’accéder au sommet d’une hiérarchie sociale mondaine. L’artiste s’attache à rendre avec vérisme le rendu des tissus et des textures, notamment l’écharpe, le manchon de fourrure et la coiffure élégante. Elle montre une femme au goût assuré avec un choix luxueux d’étoffes pour ses vêtements et des bijoux d’un grand raffinement (jonc d’or et broche au niveau de son encolure) traduisant aussi sa position sociale. Le portrait n’élude pas le caractère sévère et austère de Madame Cognacq, perceptible dans l’expression du visage. Les traits de cette dernière sont marqués – Marie-Louise a alors un peu plus de soixante ans - et ses yeux fatigués, néanmoins ce portrait atteste de l’ascension sociale des époux Cognacq. Bien que brossé de manière rapide, le fond de la composition permet au spectateur de se concentrer sur l’expression intériorisée et digne de la célèbre donatrice. L’œuvre forme pendant avec le portrait d’Ernest Cognacq. Dix ans plus tard, Albert Besnard réalisa une autre paire de portraits du couple, aujourd’hui conservée par leurs héritiers.

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