Rembrandt (Rembrandt Harmensz Van Rijn, dit) (1606 - 1669)

L'Ânesse du prophète Balaam

Exposé en salle

Date : En 1626
Dimensions : H. 63 x l. 46.5 cm
Numéro d’inventaire : J 95
Monogramme = chiffre : Signé en bas, au centre, du monogramme : "RH"
Date : Daté en bas, au centre : "1626"

Cette composition, parmi les premières connues du maître néerlandais, est probablement la plus ancienne conservée en France. Provenant de l’Ancien Testament, l’épisode rapporte comment le prophète Balaam, en route pour maudire les Hébreux, est détrompé par un message divin. Alors que son ânesse s’écarte du chemin pour éviter un ange de Dieu, Balaam lui porte plusieurs coups de bâton. Dieu lui-même intervient finalement en faisant parler l’animal. Le prophète, reconnaissant un miracle, s’accorde enfin aux signes divins et bénit par trois fois Israël.

Ce sujet rare semble traditionnel dans l’art hollandais du XVIe siècle et Rembrandt en connait certainement une interprétation par Pieter Lastman, dans l’atelier duquel il a fait son apprentissage. Le jeune peintre parait d’ailleurs s’en être inspiré à plusieurs égards : l’instant du récit représenté, la posture de l’animal - patte gauche repliée, tête tournée vers son maître et bouche ouverte. Cependant, on décèle déjà dans cette toile de nombreux signes annonçant l’art de Rembrandt. La technique minutieuse et les couleurs sophistiquées, accordent déjà une grande place à la lumière centrale dans son œuvre de maturité. Le puissant jeu d’ombre et lumière plonge dans une pénombre totale les deux personnages à l’arrière-plan et insuffle une force dramatique au clair-obscur caractéristique de la manière à venir.

Les trois personnages principaux, presque superposés les uns aux autres dans une spirale ascendante, concentrent la tension dramatique de la scène. Le regard circule autour du groupe central pour découvrir deux autres couples de figures, dont une tête enturbannée qui évoque les incroyables tronies du maître, dessins de visages aux traits singuliers et expressions frappantes. Dans le travail des tissus et drapés pour le vêtement du prophète, ou la sacoche pleine de feuillets, on distingue déjà un traitement singulier de la matière, mariant le rendu des détails à l’épaisseur de la peinture, pâte liquide aux effets de granulation.

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