Watteau, Jean-Antoine (1684 - 1721)

Jeune Léopard s'étirant

Temporairement absente

Date : Vers 1717
Dimensions : H. 13.5 x l. 21.5 cm
Numéro d’inventaire : J 196 b
Inscription concernant l'auteur : Sur le montage, à la plume, à l'encre brune : "Watteau"
Numéro : Sur le montage, en bas, à droite, au crayon : "n°27"
Marque de monteur : Le montage ancien est timbré deux fois à sec de la marque du monteur de la fin du XVIIIème siècle, François Renaud : "FR" (cf. Lugt, n°1042)

On connaît de Watteau une trentaine de dessins d'animaux, parmi lesquels figurent ces deux études montées ensemble. L’une figure un chien de chasse, sans doute un dalmatien ou un pointer anglais, couché sur le flanc, assortie de deux autres croquis de la tête et des pattes de devant. Le trait de la sanguine est rapide et incisif. Ces trois attitudes, vraisemblablement prises sur le vif, traduisent une recherche de vérité.

La seconde étude représente un félin qui a probablement été dessiné d'après nature, à la ménagerie du roi Louis XIV à Versailles. Renfermant des espèces animales rares, la ménagerie était un lieu d'étude pour les naturalistes et les artistes. Ce léopard est peut-être aussi une réminiscence des œuvres de Brueghel l’Ancien ou de Rubens, grands peintres animaliers qui influencèrent de nombreux artistes. Toutefois, chez eux, les fauves sont représentés dans de violentes scènes de chasse et de combat. Watteau, au contraire, les met en scène dans des attitudes alanguies et pacifiques, plus conformes à la sensibilité de son temps. Les différentes postures des chiens traduisent l’habitude de l’artiste de représenter le même sujet dans plusieurs variations. Comme ses contemporains, les artistes animaliers François Desportes et Jean-Baptiste Oudry, Watteau était très intéressé par les chiens qu’il dessinait avec un certain réalisme. Ces études étaient aussi préparatoires à l'exécution de ses tableaux. L'un des chiens est ainsi reproduit dans Le Rendez-vous de chasse (Londres, Wallace Collection). Ces études illustrent un exemple de la méthode de travail de l’artiste et de sa double formation : l’étude d’après nature et l’interprétation des maîtres qu’il admirait. Ces deux feuilles sont probablement issues de la collection de Jean de Jullienne, grand amateur et collectionneur des œuvres de Watteau. Avec la publication de son recueil éponyme dans les années 1726/7, il contribua à diffuser les compositions du peintre à une très grande échelle. De nombreux artistes et amateurs d’art tels que Caylus, Boucher, Cochin ou Jullienne lui-même, ont gravé et se sont approprié les dessins de Watteau.

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