Robert, Hubert (1733 - 1808)

L'Abreuvoir

Exposé en salle

Date : En 1804
Dimensions : H. 60 x l. 73 cm
Numéro d’inventaire : J 100
Signature : Signé à gauche, sur le tombeau : "D.M.H. Robert hoc sibi suisque parentibus sepulchrum erexit 1804"
Date : Daté à gauche, sur le tombeau : "D.M.H. Robert hoc sibi suisque parentibus sepulchrum erexit 1804"

Un cheval en train de s’abreuver, des chiens au repos et trois personnages s’égayent dans la campagne romaine devant une fontaine. Ces figures, dont la femme agitant les mains, qui semble glisser, animent la composition au point d’attirer l’attention des statues des niches, signalant ainsi une scène de vie quotidienne, saisie par le peintre, plus anecdotique que réaliste. Une façade évocatrice d’un palais de la Renaissance avec ses deux niches logeant des statues antiques et, au niveau de la balustrade, une fontaine ornée d’un combat de tritons duquel l’eau s’écoule campe la composition. Ce groupe sculpté de tritons en figure d’acrotère est un hommage aux sculpteurs italiens : Jean de Bologne et plus encore le Bernin. Comme dans la plupart des œuvres d’Hubert Robert, des fragments antiques jonchent le sol. Colonnes et chapiteaux en ruines contribuent à l’atmosphère nostalgique de la composition. Source d’inspiration et de motifs inépuisable dans les compositions d’Hubert Robert, ils invitent à une méditation sur la disparition des civilisations. Les artistes pensionnaires de l’Académie de France, ou simplement de passage à Rome, étudiaient les antiques pour parfaire leur apprentissage et leur technique. Le tombeau antique n’est pas un monument réel mais une invention du peintre. De composition traditionnelle, avec un buste et des bas-reliefs funéraires, il présente néanmoins une inscription latine inattendue : D.M.H. Robert hoc sibi suisque parentibus sepulchrum erexit 1804 (H. Robert a élevé ce tombeau en 1804 pour lui-même et ses parents). Le thème du temps qui s’écoule, fréquemment associé aux ruines antiques dans un paysage naturel qui reprend ses droits, se prolonge ici par une véritable méditation sur la mort, témoin de la sagesse de l’artiste vieillissant, mais non sans humour si l’on considère la position suggestive du chien. Dans cette composition, Hubert Robert parvient à un équilibre maîtrisé entre une vision sensible de l’Italie, où se mêlent grandeur éternelle, nostalgie et fictions de vie quotidienne.

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