Lawrence, Thomas, Sir (1769 - 1830)

Portrait présumé de la princesse Clémentine de Metternich

Temporairement absente

Dimensions : H. 74.5 x l. 62.5 cm
Numéro d’inventaire : J 74

L’aspect volontairement inachevé de cet élégant portrait correspond à une mode à laquelle Thomas Lawrence, le plus grand portraitiste anglais du premier tiers du XIXe siècle, s’adonna avec succès. Installé dès 1787 à Londres, l’artiste se forma en autodidacte tout en bénéficiant des conseils de Joshua Reynolds. A la mort de ce dernier en 1792, le jeune Lawrence prit sa succession en tant que peintre principal ordinaire du roi George III. Il reçut ainsi les plus grandes commandes royales, mais fut aussi sollicité par les principaux membres de la cour ainsi que par l’élite européenne. Sa carrière atteignit un sommet avec la présidence de la Royal Academy à Londres de 1820 à sa mort. Voyageant en Europe grâce à ses puissants protecteurs, l’artiste se rend en 1818 au congrès d’Aix-la-Chapelle : les anciens adversaires de Napoléon (Anglais, Autrichiens, Prussiens, Russes) renégocient avec la France monarchique de la Restauration les conditions de la débâcle de l’Empire. Lawrence aura alors l’occasion d’approcher le prince de Metternich, ministre des affaires étrangères de l’Autriche, dans l’intimité de sa famille. Si l’identité du modèle est incertaine, la tradition y reconnaît le "Portrait de la princesse de Metternich", mais aucune mention dans les inventaires de l'artiste ou sa correspondance ne vient corroborer ou préciser ce titre. Le modèle serait donc la princesse Clémentine, fille aînée du prince de Metternich et de sa première femme, Elélonore von Kaunitz. Le peintre la représenta dans un tableau allégorique, sous les traits d’Iris, messagère des dieux (coll. Metternich-Winneburg, Vienne). Lawrence a seulement achevé le buste de la jeune femme, d’une intensité physique et psychologique remarquable, se détachant sur un fond brun rapidement peint qui met en valeur sa carnation. Le torse du modèle est suggéré par de légères touches de peinture dessinant son habit, tandis que le reste de la toile a été laissé vierge. Cette virtuosité technique, tout comme l’introspection de Clémentine de Metternich, relient le portrait à l’esthétique romantique, où prime l’expression de la personnalité. La profonde mélancolie du modèle semble quelque peu prémonitoire. Clémentine devait en effet disparaître en 1820, seulement âgée de 16 ans.

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