Clodion (Claude Michel, dit) (1738 - 1814)

Monument pour un chien

Exposé en salle

Date : Avant 1785
Matériau et technique : Terre cuite
Dimensions : H. 16.5 x l. 20 x P. 8 cm
Numéro d’inventaire : J 206
Signature : Sur le piédestal, à gauche, sous la draperie : "CLODION" [le N est inversé]
Inscription : Sur le piédestal : inscriptions volontairement illisibles, simulant une épitaphe
Marque de collection : À l'arrière : "F. 19"

Des détails savoureux donnent vie à ce portrait animalier : la gimblette (biscuit rond) sous la patte droite et les yeux ouverts sous le pelage généreux. Le talent de Clodion réside dans le traitement réaliste du poil frisé et des pupilles creusées qui nous observent sous la frange.

Le chien a pu être identifié comme un bichon maltais, race de petite taille reconnaissable à son pelage blanc dense et frisé, populaire auprès des élites du XVIIIe siècle pour son caractère affable. Le financier et amateur d’art Bergeret de Grandcourt commande au sculpteur nancéen Clodion ce cénotaphe miniature en mémoire de son animal de compagnie, Ninette. Il conjuguait ainsi son amour à la fois pour l'art et pour les animaux. Ce sujet témoigne de l’engouement de la société de la fin du XVIIIe siècle pour les animaux domestiques. Associant la forme d’un tombeau funéraire antique et la représentation animalière vériste, Clodion réalise plusieurs monuments de ce type, comme le Mausolée de Ninette (Nancy, musée historique lorrain) et le Mausolée de Fifi (Ecouen, musée national de la Renaissance).  Ces petits monuments servaient peut-être d’esquisses préparatoires à des tombeaux de plus grandes dimensions, en marbre, fréquents dans l’Europe des Lumières ?  Ils pourraient également appartenir à une production décorative réservée aux amateurs, à l’image des statuettes mythologiques exécutées par Clodion dans ces mêmes années.

Les terres cuites animalières de Clodion revêtent un aspect parodique en jouant sur les poncifs de la sculpture funéraire. L’artiste en reprend les codes dans une veine intimiste avec le haut socle où se déploie une inscription factice imitant une épitaphe, et sa signature sur le piédestal.

Bergeret de Grandcourt commanda également au peintre Vincent le portrait de sa levrette Diane (Besançon, musée des Beaux-Arts) et à Jean-Baptiste Huet celui de son caniche (exposé au Salon de 1769).

Pour aller plus loin

Lien vers une fiche utile

Découvrir l’œuvre en 3d

Vous pourriez également être intéressé par