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Nouvelle acquisition du musée

Le Musée Cognacq-Jay a acquis un éventail de fillette lors d'une vente publique à Paris le 5 novembre.Les éventails de fillettes, destinés aux jeunes femmes des milieux les plus aisés, nous sont aujourd’hui connus essentiellement à travers les représentations iconographiques, en général des portraits, et peu d’exemplaires du XVIIIe siècle subsistent de nos jours. Outre sa rareté, l'éventail de fillette acquis par le Musée Cognacq-Jay se démarque par sa qualité technique et esthétique comme son excellent état de conservation.

Les thématiques représentées sur ces pièces enfantines s’apparentent en tout point à celles prisées par les adultes : sur la face, la scène dramatique, théâtrale même, peut certainement être identifiée comme Esther devant Assuérus. Ce récit de l’Ancien Testament narre le destin de cette exilée juive à Babylone qui épousa le roi perse Assuérus et réussit à éviter le massacre de son peuple, fomenté par le vizir Aman, avec l’aide de son cousin Mardochée. L’évanouissement d’Esther, se présentant devant son royal époux alors qu’elle n’y a pas été autorisée, paraît correspondre à l’image déployée sur notre éventail. Esther, femme forte défendant ses proches et respectant son époux, faisait figure d’exemple pour les jeunes filles du XVIIIe siècle appelées à remplir leurs devoirs familiaux. Le revers de l’éventail se teinte d’une atmosphère moins grave, avec de petites scènes de genre en extérieur dans l’esprit de Lancret : repas à table, badinage amoureux d’un joueur de luth ou encore jeu de boules. Les deux faces de l'éventail sont peintes dans un même camaïeu de rose, particulièrement lyrique.

Un élégant décor de rinceaux végétaux et fruitiers, où volètent quelques papillons, ornent les extrémités des feuilles et se prolongent en fines frises sur les bordures inférieures et supérieures de chaque face. Pareil ornement naturaliste se retrouve au niveau de la monture : une fine résille encadre sur chaque face deux compositions dans des cartouches (scènes de genre sur la face, paysages au revers également peints en camaïeu de rose) au-dessus de trophées de musiques. L’on note également la présence de dauphins sur les panaches et la monture : renvoient-ils à une appartenance de la propriétaire de l’objet au cercle royal ?

Cette acquisition s'inscrit dans le cadre d'une politique de valorisation des éventails français du XVIIIe siècle, suite à l'exposition Le Siècle d’or de l’éventail Du Roi-Soleil à Marie-Antoinette, qui s'était tenue du 14 novembre 2013 au 2 mars 2014. Le Musée Cognacq-Jay possédait déjà deux éventails légués par Ernest Cognacq.

Anonyme français, Eventail de fillette : Esther et Assuérus, vers 1750-1760, éventail plié, la feuille double en papier peint à la gouache ; monture en ivoire repercé, gravé, peint à la gouache et doublé de burgau, hauteur total : 17 cm / hauteur de la feuille : 5,8 cm, Paris, Musée Cognacq-Jay, Inv. 2014-2

Accès, horaires, accessibilité

Musée Cognacq-Jay
8 rue Elzévir
75 003 Paris

Tél : 01 40 27 07 21
Métro : Saint-Paul (L1), Chemin-Vert (L8), Rambuteau (L11)
Bus : 29, 69, 76, 96

Ouvert de 10h à 18h, du mardi au dimanche
Fermé le lundi et certains jours fériés

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